Moncontour

Moncontour, c’est le coup de cœur de Glaz dans la Vienne ! Un sublime petit village niché dans les marais, bordé de dizaines de lavoirs tous plus charmants les uns que les autres et surmonté d’un donjon.
Nous avons choisi de suivre le sentier des lavoirs qui propose un tour du village en abordant sa faune, sa flore et son histoire.
Visitez Moncontour dans le Poitou !

Sur le terrain

Le sentier est très agréable, il longe d’abord la Dive et ses lavoirs, puis monte vers le donjon (et son point de vue) avant de redescendre doucement vers le point de départ. La plupart du trajet se fait sur des sentiers de terre, prévoir donc des chaussures de marche.

Vous trouverez tout au long de votre parcours plusieurs panneaux illustrés ainsi qu’une petite maison buissonnière où vous pouvez construire des jouets à partir d’éléments naturels (rdv à l’office de tourisme pour avoir les fiches).

Proche du parking, un jeu de l’oie revisité permet de clore le parcours de façon ludique !

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Départ

Parking près de l’église

Durée

Environ 2h

Difficulté

Facile/moyen

Les +

des parcours bien balisés

Accès PMR

Non adapté, sauf en ville

Geocaching

OK !

Moncontour, où il fait bon vivre

La vallée de la Dive est très ancienne et il est aussi très probable que les celtes aient foulées la terre sous vos pieds. D’ailleurs, une épée de bronze a été retrouvée dans les marais de Moncontour. Le mot « Dive » viendrait du mot gaulois « divae » qui signifie « sacrée ». Voilà pourquoi vous pourrez parfois apercevoir le sentier de « la sente divine » qui permet de faire un tour dans le pays de Louduns !

Le village de Moncontour a vu les siècles se succéder ainsi que leurs batailles, entre guerre de Cent Ans et guerre des religions … Mais c’est aussi un lieu où il fait bon vivre, bercé par le rythme de la rivière. On pouvait alors entendre le battage des lavandières, les pales des moulins à eau ou encore le braiement des mules (vous verrez pour quel curieux usage un peu plus loin).

Un village entouré de marais

La Dive est une rivière sauvage, mais c’était avant que les hommes se rendent compte de son potentiel défensif et économique.
Pourquoi défensif ? Car ce paysage est constitué de marais et tourbières qui rendent les intrusions très compliquées. Le marais sera difficilement accessible aux voyageurs jusqu’aux années 1860, où une route ferrée est aménagée.

L’assainissement des marais est entrepris par les communautés religieuses locales, dès le Haut Moyen-Age avec l’aménagement de moulins à eau.
Beaucoup de foires locales (dont 6 à Moncontour) encouragent la culture des terres, que ce soit pour le pois, la fève, le chanvre (pour les voiles de bateaux) ou le lin.
La tourbe extraite des marais servira d’ailleurs comme combustible pendant la Seconde Guerre Mondiale.

Des sangsues et des peupliers

Peuplier
Cet arbre peut vivre jusqu’à 400 ans et atteindre jusqu’à 40m de haut. On compte jusqu’à 35 espèces différentes qui sont dans des zones tempérées ou du nord. Ils sont d’ailleurs très appréciés des castors. Le peuplier a d’ailleurs été le premier arbre à être génétiquement modifié !
Dans cette belle rivière on pouvait trouver des écrevisses, qui ont malheureusement disparues, mais aussi des sangsues ! Elles étaient ramassées en faisant marcher des mules dans l’eau et on les récoltait sur leurs pattes. Les sangsues étaient très utilisées pour la médecine. On pensait en effet que certaines maladies pouvaient être dues à de mauvaises humeurs, dont le sang fait partie. Il fallait donc l’enlever par des saignées, ou grâce à …. Des sangsues !
La théorie des humeurs a commencé dans l’antiquité et repose sur l’idée que notre santé est définie par l’équilibre de 4 humeurs : le sang, la lymphe, la bile jaune et la bile noire.

Fun fact : on peut trouver dans la Dive des moules d’eau douce de plus de 20cm de long !

En se baladant à Moncontour et ses alentours, on note aussi souvent la présence de peupleraie (peupliers). Sa culture, qu’on appelle populiculture, se développe dans les marais à partir du XIXème siècle. C’est une nouvelle économie qui se lance, avec notamment le contre-plaqué. Il y avait plus de 20 000 peupliers en 1863, et ce seulement le long de la Dive !

Les lavoirs

Comme l’indique le nom du sentier, nous allons voir des lavoirs. Il n’y en avait pas moins de 80 à Moncontour !
Plusieurs sont encore visibles, joliment entretenus par les habitants actuels. Le fait que la Dive passe au sein du village a permis à presque chacun d’avoir son propre lavoir, au lieu du lavoir commun que nous connaissons tous. Vous verrez alors différents lavoirs, du plus petit au plus sophistiqué, selon les moyens du propriétaire.

L’un d’eux, à la fin du sentier, présente même un système mécanique qui permet de changer la hauteur de la planche où on battait le linge, afin de s’adapter à la hauteur de l’eau. Pratique quand le niveau de la Dive monte ou descend !

Vous apprendrez bien quelques mots des lavoirs non ?
Battoué : battoir
Eparer : étendre le linge
Lavocher : laver un peu chaque jour
Patouiller : patauger

Le donjon de Foulque Nerra

Après les lavoirs, on tourne à gauche et c’est parti pour l’ascension. Moncontour est surmonté par une tour imposante qui domine le paysage. Ce donjon, entouré autrefois d’un château, est le symbole d’une place importante de défense où se jouera de grandes batailles.

Construit vers 1020 par Foulque Nerra, comte d’Anjou, les pierres de ce donjon verront de grands noms se succéder comme Jean-sans-Terre, Philippe auguste ou encore Duguesclin que nous évoquerons plus tard. Le donjon fait 25 mètres de haut et possède des murs, régulièrement restaurés, de 3 mètres d’épaisseurs.

C’est d’ailleurs Foulque Nerra qui bâtira aussi la tour de Loudun. Plus haute (40m), on ne l’appelle pas donjon car son but n’était pas défensif mais était utilisée comme tour de guet.

Cet homme au caractère sombre et violent fera construire beaucoup de donjons carrés, de fortifications et de châteaux à travers ses domaines, comme à Loches, Montbazon, Château-Gontier ou encore Langeais.
Il semble construire autant, pour racheter ses crimes et ses déchainements de violence. Il a d’ailleurs répudié sa première femme, Elisabeth de Vendôme, pour ne pas lui avoir donné de fils et l’aurait condamné à être brulée vive …

La Guerre de Cent Ans

Pendant la guerre de Cent Ans, Moncontour fait partie du Poitou, fidèle aux rois de France. C’est alors un poste avancé de Loudun, forteresse imprenable dont on peut encore voir la haute tour.

C’est en 1371 que les Anglais s’emparent de Moncontour, faisant rager Duguesclin, qui jurera en 1372 qu’il ne dormira pas dans un lit avant d’avoir pendu l’anglais qui l’a outragé, après sa défaite en 1371 ! Il tiendra parole et retrouvera son lit après quatre jours de siège et 2 jours de rudes batailles.

Duguesclin, c’est le chef des armées françaises. Il se battra ardemment pour Charles V dit « le Sage », alors roi de France (de 1364 à 1380). Les Anglais, avaient en effet profité des troubles agitant le royaume pour relancer la guerre en 1355. La France était alors sous le règne du père de Charles V, Jean II le Bon, qui est fait prisonnier à la Bataille de Poitiers en 1356. 

Sa libération coutera un tiers de la France, qui sera cédé à Édouard III, roi des Anglais. Voilà pourquoi Moncontour était en position délicate, coincé entre le Duché de Guyenne et de l’Anjou, alors aux mains des Anglais !

Vallée sanguine et vallée des traitres

Ces noms lugubres sont hérités d’un autre épisode meurtrier, qui s’est tenu ici le 3 octobre 1569.
Une grandiose bataille oppose alors les protestants et les catholiques lors de la troisième guerre des religions. Elle recouvrira de milliers de corps les plaines sèches qui entourent Moncontour. Henri, duc d’Anjou se bat alors pour son frère, le roi Charles IX, contre l’amiral Coligny qui dirige les Huguenots.

Les huguenots sont 18 000, fatigués par un siège qu’ils tiennent à Poitiers. Poussés par la nouvelle de l’arrivée des troupes de l’armée royale (les catholiques donc), ils quittent la ville et remontent vers le nord pour tomber face à cette grande armée de 25 000 hommes. La bataille est aussi brève que sanglante, à peine une heure et laisse Coligny perdant, qui retourne vers le sud. Là-bas, il relèvera une armée et pillera les villages catholiques.

 

La paix de la troisième guerre des religions sera finalement signée un an plus tard, le 8 aout 1570, entre Coligny et Charles IX : la paix de Saint-Germain-en-Laye. Le culte protestant est alors toléré dans le royaume de France, bien que limité et interdit à Paris. Les protestants sont aussi admis aux fonctions publiques et la sœur du roi est marié au nouveau chef des protestants, Henri de Navarre.

Il est dit d’ailleurs que Coligny passera une nuit dans l’une des maisons du village, face à l’actuelle place Coligny. Vous pouvez d’ailleurs encore voir des boulets de cette bataille dans les jardins de Moncontour.

Début du parcours 

Place du souvenir français
86330 Moncontour

 

46°52’53.3″N 0°01’02.6″W

Informations pratiques

Site de l’office de tourisme de Moncontour

Site du pays Loudunais

Parcours mobile avec l’application « Terra Aventura »

Un grand merci à Armand pour nous avoir accueilli une semaine afin de découvrir la Vienne !

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