Malestroit

Cette charmante petite cité médiévale est située en bordure de l’Oust et cumule le label « Petites Cités de Caractère® » et l’appellation « Escale d’une rive à l’autre ». 

Placée au bord de la rivière, la ville est entourée de verdure et respire le calme. La place centrale est le point de départ de plusieurs ruelles pleines de secrets et de maisons anciennes au charme indéniable.

Découvrez la perle de l’Oust à partir de l’office de tourisme, sur la place du Bouffay.

 

Sur le terrain

Ce parcours se déroule en grande partie en centre-ville, soyez prudent lorsque vous traversez la route.
Un grand parking gratuit se situe près du point de départ. Attention, un grand marché occupe le parking le jeudi et deux samedis par mois.

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Livret enfant

Parcourez l’ouest et le sud de Brocéliande en famille.

(Réalisé pour un ancien projet)

Départ

Place du Bouffay, devant l’Office de Tourisme

Durée

1h

Difficulté

Tout doux

Les +

Étape parfaite si vous voyager en bateau ou à vélo

Accès PMR

Parcours en ville, troittoir parfois étroit

Geocaching

Ok !

En bref

Dédale à pans de bois  
Malestroit a su garder son charme de petite cité médiévale, invitant à la flânerie entre ses maisons à pans de bois. Venez découvrir la maison au pélican ou de la truie qui file sur la place du Bouffay avant de visiter l’église Saint-Gilles et ses superbes fresques peintes d’animaux fantastiques découverte en 2011 !

La perle de l’Oust           
Si vous êtes plus nature, laissez-vous entrainer par le cours de l’Oust qui borde la ville. Le canal de Nantes à Brest rythme la ville, au départ pour le commerce et maintenant pour la plaisance. Si vous arrivez au bon moment, vous pourrez même voir l’écluse en marche !

Malestroit la résistante              
Haut lieu de la résistance bretonne, tout près d’ici se trouve Saint-Marcel et sa fameuse bataille dans le maquis. Malestroit porte encore les traces de son passé, découvrez l’histoire de ces hommes et de ces femmes qui aidèrent les alliés, parfois de façon cocasse !

Les origines de Malestroit

Idéalement placée au carrefour de deux grands axes (Angers/Brest et Rennes/Vannes), la ville de Malestroit est à l’origine un poste de péage puis une motte castrale édifiée au milieu de la rivière de l’Oust, sur l’îlot de la Saudraie. Un bourg se développe sur la rive gauche autour du XI siècle ainsi qu’un prieuré à l’est un peu plus tard. La ville devient une étape du pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle grâce au prieuré ainsi qu’à l’hôpital, augmentant encore la taille de la ville. Des murailles sont construites à partir de 1463 pour la protéger.

Elle subira plusieurs attaques, notamment du duc de Mercœur qui voit en Malestroit une position stratégique perturbant le passage des informations au sein de ses troupes catholiques. Il attaque plusieurs fois entre 1589 et 1592. La dernière année, il viendra en personne faire le siège. Les troupes du roi sont appelées à venir aider Malestroit, mais la petite cité devra se rendre, à court de munitions. L’ouest de la cité sera détruit tout comme l’hôpital, et l’église sera incendiée.

Le blason de Malestroit est de gueules, à dix besants d’or et cimier de deux têtes de chien affrontées.
Le besant est une ancienne monnaie d’or utilisée à Byzance. Les chevaliers qui avaient participé aux expéditions en Terre sainte reprirent ce symbole pour leurs armoiries.
La devise cite d’ailleurs ces besants : Quae numerat nummos non male stricta domus. Soit à peu près « qui compte ses besants n’est pas de Malestroit  ».

Dirigez-vous vers l’église.

Lexique
Motte castrale : Butte de terre avec une tour ou un petit château à son sommet souvent entouré de palissades.

Gueules : mot désignant la couleur rouge en héraldique, pour les blasons des familles.

Cimier : C’est la partie supérieure d’un blason, souvent formé par des animaux (existants ou non) ou encore des plumes.

L’église Saint-Gilles

Mêlant trois époques allant du XII au XVII siècle, cette église regorge de détails.

À l’intérieur, un dépliant édité par la Paroisse explique chaque vitrail et les espaces principaux de l’édifice. Un livret jeu enfant est aussi disponible.        
En 2011, une restauration permet de découvrir de superbes fresques sur la voûte. Sont alors dévoilés un éléphant, un félin unicorne et un centaure ! Datées du XIII siècle, ces peintures n’ont pas encore livré tous leurs secrets.

Observez la façade sud qui fait face aux maisons à pans de bois. Elle remonte au XII siècle, c’est-à-dire à l’église originelle, et présente plusieurs éléments sculptés. Attardons-nous dessus.      

Le premier qui saute aux yeux est le bœuf. C’est l’animal attribué à saint Luc, l’évangéliste. Selon Jean-Paul Bourban, le bœuf pourrait renvoyer à une histoire mettant en scène un paysan conduisant un charriot rempli de pierres pour l’église. L’un des bœufs, épuisé, tombe de fatigue. Le paysan prie saint Hervé à qui était dédiée originellement l’église dès 1144. Le bœuf encore en forme se relève alors et tire seul le charriot sur une seule roue. Cette légende valoriserait ceux qui travaillent dur pour la maison de dieu. Au-dessous, à droite, un petit dragon est présent. Lorsqu’il avait toujours sa tête, à 15 heures, on pouvait deviner en ombre le profil de Voltaire !

De l’autre côté, Samson combat le lion, tenant sa gueule avec ses mains. Ce combat est assimilé à celui du Christ contre les démons et les impies.

La place du Bouffay, lieu de vie à travers le temps

La grande place où vous vous trouvez n’a pas toujours été aussi vaste et aérée. Jusqu’en 1921, des halles occupaient l’espace où se situe le puits. Il y avait même des maisons adossées directement à l’église !

On retrouve souvent le nom de « cohue » comme ici, pour les anciennes halles. Ce mot vient du breton « koc’hu » et désigne un lieu plein de vie, de rencontres et d’animation, foisonnant de monde et d’étals (ce qu’a été et est toujours cet espace).

Toutefois, la place porte le nom de place du Bouffay. Cela vient du terme « bouffant » qui signifie « soufflant » : un rappel au fait que l’on soufflait dans une corne pour sonner l’alarme en cas d’attaque ou d’incendie.

Plusieurs anciennes demeures la bordent. La ville possède d’ailleurs 25 maisons à pans de bois du XV, XVI et XVII siècles. Flânez dans les ruelles pour toutes les découvrir…

Deux bâtisses toutes proches attirent l’attention et montrent l’importance des carrefours au Moyen Âge. Allez vers les maisons à pans de bois qui font l’angle. L’une, unique en son genre, accueille les lapins crétins.

La place du Bouffay, lieu de vie à travers le temps

Ces lapins loufoques ont élu domicile en 2015 dans l’une des plus anciennes bâtisses de la ville sur une proposition du maire adjoint, co-fondateur d’Ubisoft . Ces lapins côtoient d’autres animaux, un peu plus particuliers, présents sur la façade de cette maison de « la truie qui file ». Cachée tout à droite, deux histoires pourraient expliquer ce drôle de nom. 

La première raconte celle d’une jeune fille qui file au bord de la route en gardant son troupeau. Un seigneur passe par là et tente de l’attraper. La demoiselle implore la Vierge qui la change alors en truie pour effrayer le seigneur. Plutôt efficace !         
La seconde narre la mésaventure d’un bateleur qui avait réussi à dresser une truie pour qu’elle fasse semblant de filer la laine. Il est dénoncé comme sorcier, jugé au tribunal de l’Inquisition et, considéré comme démoniaque, est condamné, sa truie avec lui, à être brûlé…

D’autres animaux se trouvent sur cette maison, comme un loup-garou symbole de sorcellerie ou encore un âne jouant de la veuze, considérée comme un instrument du diable !

Devant, se trouve une autre habitation qui fait l’angle, elle aussi à pans de bois. Elle accueille un pélican avec les ailes relevées qui fait face à l’église et symbolise le rédempteur. Selon d’anciennes légendes, le pélican serait prêt à nourrir ses petits de sa propre chaire en cas de besoin. Il est assimilé au sacrifice de soi, de même que le Christ se sacrifie pour la rédemption des pêcheurs.

Prenez maintenant la rue des Ponts qui part à droite de l’église.

Lexique
Veuze : sorte de cornemuse plus rustique avec un seul bourdon (le grand tube qui part vers l’arrière). Le chalumeau (où l’on souffle) fait environ 13 pouces. C’est un instrument typique du sud de la Bretagne et du nord de la Vendée.

Une ville d’artisans

Dans cette rue se trouvent plusieurs échoppes, témoins du passé marchand de la ville. Grâce à la rivière, le commerce était florissant et favorisait l’installation d’artisans.                        

Au moins six moulins neufs sont présents au XV siècle en plus des anciens. On y trouve des moulins à farine, mais aussi des moulins à drap pour battre les tissus ainsi que des moulins à tan. Le tan est ce que l’on obtient en écrasant des écorces de chêne ou de châtaignier. Il sert à traiter les peaux que transforment les tanneurs. Ces artisans, souvent mis en marge de la société, étaient installés au bord de l’eau pour laver facilement les cuirs directement dans la rivière, grâce à des escaliers en schiste. Certains sont encore visibles un peu plus bas. En 1847, on recense 12 tanneries !
En 1891, il n’y a plus qu’un moulin à tan et un à farine. Le gros bâtiment sur l’île devant vous est d’ailleurs une minoterie. C’est aussi sur cette île que s’élevait la motte castrale des débuts de Malestroit.

Descendez la rue jusqu’au pont.

La Guerre de Cent Ans

Si vous souhaitez allonger votre balade, remontez le pont puis la rue tout droit. Vous arriverez alors (500 m plus loin) à la chapelle de la Madeleine. C’est dans cette église maintenant en ruine que la trêve du 19 janvier 1343 a été signée, au début de la guerre de Cent Ans. Ce conflit opposa de 1337 à 1453 (soit 116 ans et non 100 !) les Plantagenêt et les de Valois.

Édouard III est à la tête de 12 500 hommes et Philippe de Valois de 50 000 troupiers. Grâce à la médiation de deux cardinaux, une suspension d’armes de 3 ans est convenue ici. Moins d’un an plus tard, elle est rompue par Philippe de Valois qui, à la suite d’un tournoi à Paris, décapite 14 seigneurs bretons, dont Jean de Malestroit…

Retour sur le pont, aux portes de la ville. Si ce n’est pas évident maintenant, il faut se figurer qu’il y avait deux tours et un pont-levis qui fermait l’entrée de la ville. Avant la construction du Pont-Neuf au XIX siècle, c’était le seul passage pour traverser la rivière, et donc la ville. Les commerçants ont vu rouge lorsque le nouveau pont a été construit, car il permettait de contourner le centre-ville et donc de ne plus passer devant leurs commerces !    
La porte Borguet a été détruite en 1750 à cause des fortes crues qui l’avaient bien abimée.
Prenez maintenant le chemin de halage, à gauche, lorsque vous êtes dos à la ville. Remontez le courant de l’Oust et profitez de ce havre de verdure. Vous arriverez bientôt à une écluse.

Le canal de Nantes à Brest

Vous êtes ici au bord du canal de Nantes à Brest, inauguré en 1858. C’était une commande de Napoléon Ier faite en 1804. Une trentaine d’années de travaux sur 360 km de long a mobilisé prisonniers de guerre, prisonniers de droit commun et ouvriers. Le canal serpente sur 8 rivières. L’Oust est d’ailleurs la plus longue rivière exclusivement bretonne (155 km). Il prend sa source dans les Côtes-d’Armor.    

L’activité fluviale remonte à loin, mais c’est à partir du XVIIIe siècle qu’elle devient régulière. Les bateaux transportent des grains, du sable ou encore des tonneaux de vin. Grâce à l’Oust, ils ont un accès à la Vilaine, mais aussi la mer. Le dernier bateau de commerce naviguera sur ces eaux en 1977.
À l’époque, les bateaux sont tirés depuis le chemin de halage par des hommes puis par des chevaux. Depuis, c’est exclusivement des bateaux de plaisance que voient passer les écluses.

Il y en a d’ailleurs 236 sur tout le canal ! C’est la corporation de marchands qui sera la première à les faire installer. À Malestroit, nous sommes à l’écluse numéro 25, comme l’indique la maison aux volets verts, à gauche de l’écluse. C’est la maison éclusière. Elles sont presque toutes identiques, construites selon des mesures précises, jusqu’à la taille de la cheminée ! Environ 10 bateaux passent par jour et 30 en été. Il faut en moyenne 20 minutes pour franchir une écluse, le temps de mettre à niveau l’eau à l’intérieur et de pouvoir sortir de l’autre côté.         

Prenez maintenant le chemin de l’écluse qui retourne en ville. Au bout du chemin, sur votre droite, se trouve le couvent des augustines.

Les ordres hospitaliers

Ce couvent est fondé en 1670 par les ursulines de Ploërmel, mais celles-ci en seront expulsées en 1792 avec la Révolution. De 1828 à 1866, les frères de La Mennais prennent possession des lieux et forment de jeunes prêtres. On leur apprend l’hébreu, le grec, le latin, mais aussi l’allemand, l’anglais, l’italien, le chinois, l’arabe, le persan et même le sanskrit, afin qu’ils embrassent toutes les cultures. Cependant, les idées du fondateur de l’ordre ne sont pas bien perçues, notamment par le pape. Il condamne ce catholicisme social empreint de polémiques : liberté de la presse, liberté d’enseignement, séparation entre l’État et l’église… L’année suivante, en 1867, des chanoinesses s’installent et ouvrent un pensionnat.

En 1914, 35 augustines soignent des blessées et réfugiés de la guerre. Quelques années plus tard, la clinique se modernise avec un bloc chirurgical, une salle d’opération et même le chauffage central. Ce couvent témoigne bien de la tradition hospitalière qui anime la ville. Une petite chapelle était d’ailleurs présente de l’autre côté de la cité, accueillant 5 à 6 malades à ses débuts

Aujourd’hui, elle a fait du chemin et s’est transformée en hôpital à part entière.

La résistance à Malestroit

C’est dans ce couvent qu’une scène de la résistance de la Seconde Guerre mondiale s’est déroulée. En 1944, il accueille les blessés et les médecins soignent secrètement les alliés alors que les Allemands occupent la ville.      

Le 18 juin 1944, après la bataille de Saint-Marcel, les religieuses cachent des parachutistes américains en les déguisant… en bonnes sœurs !                         
Le général Charles de Gaulle se rendra en 1947 à Malestroit afin de saluer l’engagement des habitants et de décorer de la Légion d’honneur et de la croix de la Libération la mère supérieure Yvonne-Aimée.
Citons aussi le docteur Jean Queinnec, chirurgien à la clinique des Augustines, qui résista face à l’occupant, aidant à l’évasion d’officiers américains et soignant les alliés en secret.
Il alla jusqu’à refuser de serrer la main à un médecin colonel allemand en visite, écopant le lendemain d’une visite d’un officier de la Gestapo…

Votre visite est maintenant terminée, pensez à consulter les fiches pour aller plus loin et continuez à flâner dans la ville.

Histoire rapportée : La dame blanche

Avez-vous déjà entendu parler de la dame blanche de Malestroit ? Cette belle dame au regard triste apparait la nuit, glissant au-dessus des remous de l’Oust, emportant les ennemis de la ville au fond des eaux.

C’est Ermengarde, la fille d’Alain de Malestroit, qui tantôt surgit au milieu des eaux, tantôt sur une barque. Le romancier Paul Féval la décrit « grande, belle, majestueuse, au corps souple, ondulant sous la brise, à la longue chevelure l’entourant comme un vaste manteau ».         
Elle aurait sauvé son père des soldats du roi en les attirant sur l’eau puis dans un gouffre sans fond.
Les gens du coin appelaient d’ailleurs le brouillard qui se forme sur l’eau tôt le matin la « femme blanche ». Son endroit favori se situerait dans les marais, là où l’Oust et une autre rivière se rejoignent.

Début du parcours

Place du Bouffay

56140 Malestroit

47°48’35.7″N 2°22’58.5″W

47.809917, -2.382904

Informations pratiques

Site de l’office du tourisme de Malestroit

Cette fiche a été réalisée dans le cadre de l’application Hermine en 2019.
Merci à Nick pour une partie des photos.

Vous avez encore soif de découverte ? Voici quelques idées à moins d’une heure de route !

Ploërmel

Du Moyen-âge à la Seconde Guerre Mondiale, d’une horloge astronomique rare à des champs d’hortensias, parcourez la ville de Ploërmel en finissant les pieds dans l’eau du lac au Duc, en bordure de Brocéliande !

L'église de Tréhorenteuc

Plus petite église du Morbihan et aussi certainement la plus atypique, l’église Saint-Eutrope à Tréhorenteuc vaut assurément le coup d’œil.          
Totalement rénovée par la volonté d’un homme, l’abbé Gillard, elle mêle savamment foi chrétienne et légendes des chevaliers de la Table Ronde.    
Guidés par les écrits de l’abbé Gillard, entrez dans un monde rempli de symboles.

Le prieuré Saint-Étienne

La plus ancienne chapelle du Morbihan encore debout se niche dans le prieuré Saint-Étienne, au cœur de la campagne entre Guer et Monteneuf. À l’intérieur, comme un secret bien gardé, se cachent des peintures murales du XVe siècle.
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